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Du sable pour encapsuler les particules de pétrole

Un beau cas de sérendipité que cette découverte effectuée par Suzie Protière, chercheuse au CNRS, et deux autres collègues.

 

L’historique

Suzie Protière effectuaient une expérience sur la texture et la meilleure tenue de crèmes et d’émulsions en cosmétologie.
Alors qu’elle répandait des grains de sable sur une mixture de pétrole, d’huile et d’eau, elle se rendit compte que les grains de sable venaient se positionner entre la couche de pétrole et l’eau. (C’est ce qu’on appelle pompeusement « l’auto-assemblage par capillarité aux interfaces »… conséquence des forces de tension de surface).
Petit à petit, ces grains de sable s’agglutinèrent au pétrole, jusqu’à l’alourdir et le faire chuter au fond de l’eau.

L’analyse

Les gouttes formées « en armure » autour du pétrole sont stables et peuvent être récupérées ensuite. (Reste à trouver la méthode la mieux adaptée).

L’armure de ces « gouttes de sable » étant poreuse, les bactéries des fonds marins peuvent également aider à la biodégradation du pétrole encapsulé.

Schema de l'encapsulage d'huile par des grains de sables
Schema de l’encapsulage d’huile par des grains de sables via nature.com

En étudiant les forces en présence (capillarité, poussée d’Archimède), ces chercheurs ont déterminé les conditions (taille, densité, nombre de particules) qui permettent de déclencher ce phénomène et d’isoler ainsi le pétrole répandu lors d’une marée noire par exemple.

Bingo ! Voilà donc sans doute une méthode naturelle et peu coûteuse utilisable lors d’un marée noire, (il faut en moyenne 100 kg de sable pour encapsuler une tonne de pétrole). Cette méthode serait enfin l’alternative aux solutions actuelles qui sont souvent très toxiques, puisqu’elles utilisent des dispersants (chimiques) ou consistent à brûler la nappe de pétrole ou celles encore peu efficaces comme la mise en place de bateaux-écrémeurs.

Ce principe peut également être utilisé lors de la manipulation de produits dangereux.

Ecoutez l’explication claire et concise de la chercheuse Suzie Protière dans ce reportage réalisé au sein de l’Université Pierre et Marie Curie et présenté par Yann Lavoix dans la rubrique « Vie pratique » de Télématin sur Fr2, le 23 janvier 2014 :

[youtube]http://youtu.be/xiwpTRXxP6E[/youtube]

Liens

Suzie Protière
Explication scientifique sur le site du CNRS

Du sable pour combattre les marées noires
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10 avis sur « Du sable pour combattre les marées noires »

  • 13 janvier 2015 à 22 h 50 min
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    Le sable du Sahara a de multiples utilisations bénéfiques.

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  • 27 janvier 2014 à 20 h 52 min
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    Magnifique idée ! Ca a l’air tellement simple ! Y a plus qu’à attendre de voir si cette merveilleuse découverte est mise en application lors de la prochaine catastrophe. Plein de bises 🙂

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    • 27 janvier 2014 à 21 h 28 min
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      Super, une quatrième lectrice ! Merci Lorène et à bientôt !

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      • 27 janvier 2014 à 21 h 42 min
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        Ah merci pour l’info car à l’heure de télématin je suis déjà dans mon bac à sable 🙂

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        • 27 janvier 2014 à 21 h 49 min
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          Sable du Rhin, des Seychelles, de Thaïti ?
          Heureusement que tu as de bons outils pour récupérer les vidéos irrécupérable dans certaines contrées froides et lointaines 😉 Merci encore.

  • 27 janvier 2014 à 18 h 23 min
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    Attention que Monsanto ne mette pas un brevet sur le sable et que les enfants doivent leur payer une redevance quand ils font un château sur la plage.
    Comme les cultivateurs qui plantent leurs propres haricots !!!
    Tu vois qu’on te lit !!!
    Bisous de nous deux.

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    • 27 janvier 2014 à 19 h 21 min
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      Oui, tu as raison, on n’est pas à l’abris d’une mauvaise surprise avec ces gros bonnets… Merci pour la visite 😉

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  • Ping :Du sable pour combattre les marées noire...

  • 27 janvier 2014 à 10 h 39 min
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    « Là où croît le péril… croît aussi ce qui sauve »
    Hubert Reeves !!
    Ce n’est pas faux comme disait l’autre ;o)

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    • 27 janvier 2014 à 10 h 46 min
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      Je vois que j’ai un troisième lecteur 😉 Merci !

      Répondre

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