Routes chauffantes, en maïs et ciment dépolluant

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Du maïs sous vos roues, un ciment dépolluant et une route chauffante, qui dit mieux ?! 

Des routes et chemins en maïs

Plusieurs villes françaises l’utilisent déjà : la route en maïs pourrait bientôt remplacer nos macadams et autre béton.

Ce substitut végétal au bitume ou au goudron est une sorte de liant sans dérivé pétrochimique.

Les premières réalisations sont prometteuses et se propagent de plus en plus : le côté moins polluant séduit, et c’est peut-être l’alternative du futur pour nos routes.lian_vegetal_route

La province de Hainaut a testé le revêtement végétal en faisant construire un projet de voirie végétale au coeur de son jardin pédagogique, à Mons.
Ce revêtement durable, un « sentier de maïs » de quelque 250 m2, reste cependant très coûteux : 2,5 fois plus élevé que l’équivalent fabriqué avec des produits dérivés du pétrole.
Mais on est encore au stade « expérimental », et, sans doute que la montée du coût du pétrole pourra changer la donne dans un avenir proche.

Si vous ne savez pas que vous marchez sur un sentier végétal, rien ne peut vous le faire deviner. Le revêtement est dur, il ressemble beaucoup à une route classique si ce n’est la couleur, un peu plus claire. En fait, le sentier est bien construit avec des pierrailles mais c’est le liant qui est végétal et qui remplace le bitume.

La technologie vient de France, mais n’est pas encore agréé en Belgique. Il est fabriqué à base de maïs, de colza ou encore de betteraves.

L’intérêt est avant tout écologique : les plantes, en poussant, absorbent plus de CO2 que celui qui sera émis pendant la construction de la route. Le bilan carbone est donc négatif.
Côté résistance, l’enrobé végétal serait plus solide que le revêtement classique, plus résistant à l’orniérage.

Par contre, le débat est lancé quant à l’utilisation de l’agriculture à des fins non comestibles. Les biocarburants sont remis très justement en cause ces derniers temps (voir les liens sous l’article).

Un ciment photocatalytique dépolluant

ciment_depolluant_tunnel_lepolod_2_bruxelles À Bruxelles, une portion du tunnel Léopold II a servi de test en septembre dernier afin de prouver l’efficacité d’un ciment « photocatalytique ».

Ce ciment est constitué d’oxyde de titane et, associé à de la lumière ultraviolette, il aurait la particularité d’absorber les particules polluantes permettant d’améliorer la qualité de l’air dans les sous-terrains et les villes (un catalyseur et de la lumière UV => absorption de certains polluants comme les oxydes d’azote et d’un grand nombre de composés organiques volatils et de particules ultrafines)

(Voir la vidéo sous l’article)

Autre bonus : la clarté obtenue augmenterait bien entendu la sécurité routière.

En laboratoire, les tests étaient positifs : le ciment parvenait à réduire de 20% la simulation de pollution dans un tunnel.
Si les résultats se montrent concluants, la mise en place de ce béton dépolluant ne devrait pas coûter plus cher que du béton normal, bingo !

Une route chauffante

Le génie humain lorsqu’il est créatif peut être très ingénieux : une route serait capable de chauffer des habitations (en partie, d’accord, il faut bien commencer…), ou dégivrer des parkings, des trottoirs…etc…

On l’appelle la Road Energy Systems (RES), un produit mis au point par le groupe néerlandais Ooms Avenhorn, permet de stocker la chaleur d’une route exposée au soleil pourroute_chauffante_road_energy_systems_pays_bas ensuite l’exploiter durant l’hiver suivant.

Le système est connu sous la dénomination de collecteur solaire d’asphalte : qui emmagasine la chaleur, dans le sol ou la nappe aquifère et la restitue via une pompe à chaleur.

Les Pays-Bas sont de loin les précurseurs dans le domaine puisque une quinzaine de réalisations de ce type y ont déjà vu le jour.

Il n’est mis en place pour l’instant que lors de la création de nouvelles routes, pour un budget double par rapport à une route traditionnelle…

Il y a donc encore beaucoup de boulot et d’études à effectuer pour que ces domaines deviennent des normes dans un futur proche.

Extrait du JT de la RTBF : Un tunnel en ciment dépolluant

Liens

Les algocarburants nous sauveront-ils ?
Les agrocarburants en question
Panorama des produits d’origine végétale pour la route (pdf )
Des photos de réalisations de routes végétales
De l’asphalte qui chauffe les maisons



12 commen-Terres pour Routes chauffantes, en maïs et ciment dépolluant

  1. Sachant que la production agricole mondiale devra croître de 60 % d’ici à 2050 (source FAO/OCDE – juillet 2012) pour répondre à la demande croissante en denrées alimentaires (nous devrions être quelques 9 milliards d’habitants à peupler la terre), que l’Amérique du sud (mais pas exclusivement) concentre déjà une grande partie de ses terres à la production d’agrocarburants (dont la demande est également croissante) : comment pouvons nous développer de nouvelles surfaces cultivables sans dénaturer nos paysages et impacter la biodiversité –> pour répondre à cette équation gourmande.

    Tu as raison d’évoquer le débat sur l’utilisation de l’agriculture à des fins non comestibles (agrocarburants, routes…), surtout à l’heure où le prix des céréales est instable (et ça devrait continuer comme ça un moment). C’est un problème énorme, et si je commence à me demander comment les « pays du sud » vont faire pour se nourrir… ceux qui y vivent ne doivent pas voir l’avenir d’un oeil serin.

    C’est en ce sens que je pense que l’écologie a ses limites (comme toute façon de penser d’ailleurs), et même si ma fibre écolo est particulièrement développée, l’impact sur la vie ailleurs (cet ailleurs qu’on ne voit qu’à la télé mais qui est le quotidien de tant d’autres) me semble insoutenable. Car au final, si le bilan carbone est neutre, QUID du bilan humain ?

    • Michèle dit :

      Belle analyse Mickaël, mais d’après ce que j’entends et que je lis à propos des biocarburants deuxième génération (non comestibles), il y aurait tout de même un avenir dans ce sens… A suivre !
      Merci pour ce commentaire très instructif.

  2. Lorène dit :

    C’est une avancée prodigieuse (en espérant que ça n’encourage pas la culture transgénique..) bise !

  3. kaalr dit :

    D’ici 20 ou 30 ans quand même ! en gros je ferai partie du compost…

  4. kaalr dit :

    Tu savais que c’était moi parce que je fais du bruit quand j’arrive en marchant sur les feuilles mortes 😉

  5. kaalr dit :

    Sympa l’idée de la route végétale, sans doute pas possible d’utiliser à grande échelle pour cause de manque de matière première quoique le pissenlit pousse bien 😀

    Les routes en bitume comme le béton dégage beaucoup de chaleur ce qui occasionne plus d’orages.

    J’adore marcher sur les feuilles mortes 🙂

    • Michèle dit :

      Avant de lire le nom du commentateur, je savais que c’était toi 😀
      Je pense franchement que les humains ne manquent pas de ressources (au propre comme au figuré) et que d’ici 20 ou 30 ans, le parc routier n’aura plus le même impact écologique !


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