Comment réussir un bon compost sans nuisance

Obtenir un bon compost n’est pas le fruit du hasard.

Qu’est ce qu’un compost ?

C’est le produit obtenu par la fermentation des déchets organiques en présence d’oxygène, un amendement organique qui permet d’améliorer la fertilité du sol.

Composter, c’est mettre en œuvre un processus semblable à celui de la nature qui décompose les feuilles mortes pour mieux s’y régénérer !
Le compost bien préparé est un apport naturel qui améliore la structure du sol (partout dans le jardin : potager, verger, parterres…), il permet aussi de retenir l’eau ce qui réduira la fréquence des arrosages.

L’ère est à la réduction de nos déchets, au tri systématique … il était grand temps. Dès lors, pourquoi hésiter encore à composter vos déchets de jardin, de cuisine…

Le compostage à domicile, permet de réduire de plus de la moitié le poids du sac (ou du conteneur à puce) des déchets ménagers. Grâce au compost, plus besoin d’acheter d’engrais ou de terreau, c’est du win-win pour votre porte-monnaies et la nature :

Économies d’énergie + Protection de l’environnement + Économies d’argent = un trio gagnant !

Cet article est un résumé de la formation en compostage donnée par l’asbl Bon…Jour sourire à laquelle j’ai eu la chance d’assister la semaine dernière.

RÈGLES DE BASE POUR OBTENIR UN COMPOST EFFICACE SANS NUISANCE

Quelques règles de base à respecter et vous aurez le plus beau compost du monde dans votre jardin (ou votre appartement via un lombricomposteur).

A la maison, nous avons opté pour un compost en tas car nous n’avions pas de problème de place.

bac_compost_palettes_bois

Cette photo montre un des défauts majeurs de ce type de contenant : des espaces trop importants, ce qui risque, dans certaines situations, d’entraîner un dessèchement du compost.

Il existe aujourd’hui dans le commerce un large choix de composteurs, en bois ou en plastique. Il est également possible grâce à des palettes de créer des bacs à compost qui permettront la rotation des matières en décomposition.

1) Mélangez les matières plus vertes avec celles plus brunes

=> Matières vertes (VMM = Vert Mou Mouillé) : riches en azote : déchets de table, herbes sauvages, tontes de gazon……

=> Matières brunes (BDS = Brun Dur Sec) riches en carbone : feuilles mortes, paille, copeaux de bois (non traités), broyat, taille de haies……

Il est donc important d’avoir à disposition une réserve de ces matières plus brunes (par exemple dans un silo que vous fabriquerez avec du grillage) afin de pouvoir en apporter régulièrement dans votre compost.

2) Favorisez le travail des organismes décomposeurs

Le compostage peut prendre de quelques mois à plus d’un an, cela dépend de la façon de faire et des matériaux de départ.
Par exemple: les feuilles d’automne se décomposent lentement, tandis que les déchets de cuisine et les tontes de gazon se décomposent vite, mais en dégageant des odeurs si on les composte seuls.

Ce sont des milliards d’organismes vivants qui se chargent de transformer les déchets organiques en compost.

Ils travaillent constamment si on leur procure les conditions correctes afin qu’ils puissent nous préparer un compost en quelques mois et sans odeurs.

Il faut donc :

leur donner à manger = apporter des déchets organiques biodégradables variés en apportant du vert mais aussi du brun.

leur procurer de l’eau = veiller à la bonne humidification tout au long du compostage.

leur procurer de l’air = veiller à mélanger les déchets grossiers avec les fins, et penser à retourner le compost ou à l’aérer avec l’outil adapté afin de maintenir une bonne aération durant tout le processus (ne jamais tasser les matières apportées).

3) Comment éviter d’attirer souris, mouches et mouchettes ?

– Éviter dès le démarrage de votre compost d’intégrer des restes de viande, de poisson ou de produits laitiers OU enfuyez-les bien en petite quantité au centre d’un compost déjà actif.

– Ne laissez pas de déchets odorants non enterrés sinon : odeurs, mouches et mouchettes seront bien entendu au rdv… et bonjour l’entente entre voisins !!

=> Incorporez les déchets de cuisine profondément OU les recouvrir avec des matériaux moins odorants : feuilles mortes, broyat…..

4) Critères pour choisir un bon système de compostage

– Un bon contenant doit être bien aéré ou être complété par un  outil adapté qui permettra d’aérer régulièrement le compost. (Vous pouvez enfoncer des clous en diagonale dans un manche à balais pour obtenir un genre de flèche que vous pourrez enfoncer et tourner à plusieurs endroits du compost). Il n’est pas nécessaire de remuer avec une pelleteuse, de simple perforations suffisent à aérer toutes les semaines votre compost.

– Il doit être d’accès facile pour le remplissage et pour permettre un mélange ou un retournement aisé du compost, c’est pour cela qu’un contenant à double compartiment peut être très pratique.

– Il doit avoir un volume adapté pour recevoir tous les déchets organiques produits par la famille et par le terrain. (Attention à ne pas utiliser de contenants trop grands, si le compost est bien réalisé les quantités de départ se réduisent rapidement.)

– Le côté esthétique a aussi son importance.

5) Pas trop à la fois

Que faire des grosses quantités de feuilles mortes que l’on récolte ? Prendre la précaution de les ramasser à la tondeuse à gazon ce qui permettra d’en réduire fortement le volume qui diminuera encore fortement lors de leur décomposition. De plus, l’apport de matières brunes, comme les feuilles mortes, est très utile pour contrôler les odeurs et améliorer la qualité finale de votre compost.

6) Et les tontes de gazon ?

Le plus simple serait d’utiliser une tondeuse qui broie finement les résidus de tonte (ces résidus s’intègrent à la pelouse et servent de nourriture pour le sol). MAIS, cela implique une tonte régulière.
– Elles peuvent aussi être utilisées comme couverture entre les cultures.

– Il serait judicieux peut-être parfois de redimensionner le jardin (aménager des parcelles de gazon fleuri que vous ne tondrez plus : excellents pour la biodiversité).

7) Évolution du compost dans le temps

Le compost jeune (+/- 6 semaines : on y retrouve encore pas mal de matières encore grossières)

A épandre, idéalement en automne afin de couvrir le sol et permettre aux organismes vivants de continuer l’action de compostage. Il sera laissé en surface et couvert avec une couche de paille, feuilles mortes, tontes.

Au printemps, ratisser pour enlever les gros morceaux non encore décomposés puis, griffer le compost dans les premiers cm du sol.

Le compost mûr (il a l’aspect et l’odeur de la terre des bois)

On n’y retrouve pas ou peu de matière grossières. Il peut être incorporé par griffage dans les premiers cm de la couche fertile du jardin et ce en toute saison ou, épandu sur le gazon, au pied des arbres fruitiers, dans les parterres de fleurs…

8) Conseils et astuces

– Si possible, tamisez le compost pour en extraire les éléments trop grossiers qui pourront continuer leur décomposition dans un nouveau compost et par la même servir de levain. Il est important d’incorporer rapidement le compost fraîchement tamisé aux premiers cm (7 à 10cm) du sol afin d’éviter qu’il se dessèche et que les organismes vivants qu’il contient meurent ce qui entraînerait des pertes d’azote.

– Voici à titre indicatif quelques doses d’application de compost selon les plantes :

* faibles consommatrices : de 1 à 2 kg/m2 (ex : condimentaires…)

* sol fertile ou plantes moyennement exigeantes : de 6 à 8 kg/m2 (ex : bettes à cardes,…)

* sol pauvre ou plantes grosses consommatrices : de 8 à 10 kg/m2 (ex : potirons, …)

9) Comment savoir quand le compost est top !!

Quand on ne reconnaît plus les éléments de départ : il est devenu brun et friable et il sent bon le terreau.

Certains légumes comme les potirons aiment un compost grossier encore jeune, les légumes racines comme les carottes demandent un compost bien mûr.

(Rappel : Le tamisage permet d’obtenir un compost fin, les morceaux encore non décomposés repartent dans le compost et servent de starter, de levain pour le compost suivant.)

10) Et en hiver ?

Continuez à mettre les déchets organiques dans le contenant en veillant à toujours recouvrir les déchets plus verts avec des déchets plus bruns. En dehors des périodes de grand froid, le processus de compostage se poursuit au ralenti. Il reprendra pleinement avec le retour de la chaleur.

11) Problèmes – Solutions
ConstatationRaisonsCorrections
Pas de décompositionsubstances de départ trop sèchesHumidifier correctement dès le départ et maintenir humide durant tout le processus.
Décomposition lenteTrop de matière et/ou matières trop grosses.
Beaucoup de matières ligneuses
Broyer ce qui est trop gros

Ajouter des déchets verts
Odeurs de purin ou
d’ammoniaque
Trop de matières vertes et humidesMelanger en rajoutant des matière plus brunes (feuilles mortes, paille...)
Odeur d’œuf pourriTrop de tassement d’où putréfaction.



Trop d’humidité suite
aux précipitations
Aérer avec l’outil adapté
Ajouter des matière brunes pour maintenir l’aération.
Réduire la hauteur des tas.

Couvrir le compost
Ajouter du brun
Assurer une humidité stable durant tout le processus.
Mouches, asticots
Restes de viande non recouverts ou mis dans compost en début de réalisation.Contenant étanche mais ventilé.
Incorporer ces déchets dans les matières déjà en transformation.
Veiller à toujours recouvrir ces déchets odorants avec, idéalement des bruns ou de la terre (fine couche), des poudres de roches.
MouchettesBeaucoup de restes de fruits, d'agrumes.
Acidification du compost
Bien enfouir les matières attirantes.
Recouvrir.
Saupoudrer avec des
algues marines, des poudres de roche, un peu de terre.

MODE D’EMPLOI POUR DÉBUTER UN BON COMPOST

  • Commencez par ameublir le sol à l’endroit où le composteur sera installé afin que les organismes présents dans le sol puissent pénétrer dans les déchets à transformer. (Ce sont eux qui vont faire le gros du travail !)
  • Si votre composteur n’est pas fourni avec un fond, prenez la précaution de déposer un grillage (treillis plastifié mailles de 1x1cm) sur le sol et posez le fût dessus. Ceci permettra d’empêcher rats et souris de pénétrer dans le fût.
  • Si votre composteur est fourni avec un fond : assurer le contact de la partie centrale du fond avec le sol ameubli. (Pour faciliter l’entretien de l’endroit de compostage et pour éviter l’enfoncement du fond du fût dans le sol meuble, placez les bords extérieurs du fond sur des dalles tout en maintenant un contact au centre avec le sol ameubli).
  • Constituer la couche de départ de matières aérées (déchets de cuisine + de fines branches, de la paille…) bien humides et veillez à bien  mélanger toutes ces matières. Mieux vous constituerez cette couche de départ et plus rapide et efficace sera le résultat !
  • Afin d’activer le démarrage, il est utile d’y ajouter un peu du compost précédent ou de l’ortie non en graine ou de la consoude, mais même si vous n’en avez pas, le fait de prendre la peine de mélanger soigneusement au départ vous permettra d’obtenir un bon résultat.
  • Poursuivre en amenant régulièrement les déchets « plus verts » biodégradables (cuisine, jardin) en y associant un même volume de déchets carbonés (ou au moins 2/3 de verts et 1/3 de bruns) et veiller à ne pas laisser de déchets odorants à l’air libre : toujours les couvrir par des feuilles mortes, ou copeaux, ou broyat ou un peu de terre ou veiller à les incorporer dans les matières déjà en transformation => ayez votre réserve de copeaux, paille…
  • Quand le composteur est rempli au 1/3 (attendre tout de même +/- 4 semaines car les matières vont diminuer de volume régulièrement), commencer à utiliser 1x/semaine une tige mélangeuse pour l’aération. (Le manche à balais planté de clous disposés en flèche à la base)
  • Quand le composteur est plein, ne pas s’inquiéter, les matières vont diminuer et refaire de la place.
  • En été, ouvrir l’aération du couvercle.
  • En hiver fermer pour garder la chaleur.
  • En général, dans les composteurs fermés en plastique, n’humidifier qu’au départ. Ensuite, les déchets de cuisine qui seront ajoutés seront en général assez humides.
  • Le compost peut être récupéré par la trappe ou en démoulant le fût : la partie du haut, non encore décomposée est déposée sur le côté, la partie du bas, plus mûre, est enlevée afin d’être utilisée après séchage et tamisage. Le composteur est ensuite remis en place. Y introduire à nouveau sans tasser les matières non encore décomposées et ainsi on peut composter en continu.
  • NB: quand on vide le composteur, il faut veiller à toujours laisser un petit volume de matières déjà décomposées, elles serviront de starter ou accélérateur !

Cette synthèse réalisée et distribuée par Bon…Jour Sourire asbl résume les points indispensables pour pouvoir réussir tout compost => si vous désirez organiser ou suivre une animation (théorie et/ou pratique ), ou si vous voulez suivre ou organiser pour votre commune, groupement une formation complète (en 8 X 3 hrs) : contact : ASBL Bonjour…Sourire 0486/317029
ASBL active dans les divers domaines de l’écocitoyenneté depuis 35 ans !

Économies d’énergie + Protection de l’environnement + Économies d’argent = un trio gagnant !

Liens

ASBL Bonjour…Sourire – Contact : +32486317029 –
Le compostage à domicile (Dossier diffusé par Intradel, à télécharger gratuitement)
Mini guide du compostage à l’usage des amoureux de la nature (Dossier diffusé par l’asbl Worms à télécharger gratuitement)
Guide du compostage domestique (Dossier diffusé par l’ADEME à télécharger gratuitement)
Où trouver des vers à compost
Conseils pour construire son lombricomposteur d’intérieur
Construire un potager en lasagne
Une comptine pour apprendre à bien trier ses déchets
FAQ à propos de la fabrication du compost
Recueil de questions fréquemment posées



7 commen-Terres pour Comment réussir un bon compost sans nuisance

  1. Etienne et Corinne dit :

    Merci pour cet excellent résumé qui nous permettra de faire un compost plus actif et sans nuisances.

    Merci encore pour votre accueil lors de la présentation.

    A très bientôt

    Etienne et Corinne

  2. Marianne dit :

    Super instructif. Je suis contente de constater qu’on est dans le bon avec notre compost mais me suis enrichie de pas mal d’astuces en lisant cet article! Merci ?

  3. youyouk dit :

    Merci pour cet article très instructif !! Il me semblait que la présence de certaines mouches (assez longues, et qui ne s’envolent pas quand on ouvre le compost) étaient plutôt une bonne chose ? Mais a priori je me trompe 😉

    • Michèle dit :

      Bonjour youyouk ! Merci pour la visite. Non, tu ne te trompes pas, mais, c’est l’excès de mouches qui est nuisible et envahissant. D’où l’importance d’alterner matières vertes et matières brunes pour ne pas déséquilibrer l’ensemble. Les mouches font partie des espèces qui transforment les matières biodégradables donc, un peu ça va, mais trop…bonjour les dégâts et les soucis de voisinage ?


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